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  • - de viande = + d’écologie

    Posted on March 24th, 2009 Jean-Luc Henry 1 comment

    Lors de mon entrevue Radio-Canada, j’ai donné comme idée pour 2009 qu’il serait intéressant, d’un point de vue écologique, de diminuer notre consommation de viande. Voici un complément à ma réponse.

    Que ce soit pour des raisons de santé, de goût ou tout simplement par compassion envers les animaux, il y a plein de raisons pour diminuer sa consommation de viande (ou de devenir végétarien/végétalien); toutefois dans ce billet, je ne parlerai que de l’aspect environnemental.

    Car oui, pour des considérations écologiques, il est bon de diminuer, voire d’arrêter, sa consommation de viande.

    Manger moins de viande pour lutter contre l’effet de serre

    Le président du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Indien Rajendra Pachauri estime que les gens devraient réduire leur consommation de viande afin de lutter à titre personnel contre le changement climatique. Selon son président, qui se consacre depuis des décennies à la préservation de l’environnement, les gens devraient commencer à ne manger de la viande qu’une fois par semaine puis y renoncer complètement.

    Et pour cause: la production de viande rejette une quantité très importante de gaz à effet de serre ( 15 à 20% des émissions mondiales de méthane sont ainsi liées à l’élevage des animaux). De plus, le méthane un effet de serre 21 fois supérieur à celle du CO2. En d’autres mots, la production d’un kilo de viande de veau rejette autant de GES qu’un trajet automobile de 220 km. À lire aussi le pdf “Des gaz à effet de serre dans mon assiette” créé par le Réseau Action Climat-France.

    Manger moins de viande pour protéger l’eau.

    25 pays africains devraient manquer d’eau d’ici les 25 prochaines années tandis que la Chine et l’Inde sont déjà soumises au stress hydrique. D’ores et déjà, 70 % des ressources en eau douce sont dégradées ou polluées. Source : Comité des Nations Unies pour l’environnement.

    Il faut 15000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande de boeuf, alors que 1000 à 2000 litres suffisent pour produire 1 kg de blé, riz ou soja. Source : Sciences & Vie - avril 1997

    En Californie, l’industrie laitière, la plus importante du pays, consomme autant d’eau qu’une ville de 22 millions d’humains. Source : Greenpeace.

    Un ménage moyen n’utilise pour sa boisson qu’entre 2 et 5 litres d’eau potable par jour et entre 100 et 500 litres à d’autres fins (douche, lessive, etc.). Ces chiffres sont négligeables comparés aux 2000 à 5000 litres d’eau nécessaires à l’alimentation d’une famille moyenne (non végétarienne). Source: Stockholm International Water Institute: «Water – More Nutrition per Drop»

    Manger moins de viande pour protéger la santé de l’environnement

    La grande quantité de déchets produits sur les fermes est supérieure à la capacité d’absorption des terres agricoles. Au lieu que le fumier soit une précieuse ressource agricole, il est par conséquent considéré comme un déchet toxique. Les nitrates, métaux lourds, et les antibiotiques présents dans celui-ci peuvent s’infiltrer dans les eaux souterraines et polluer les eaux de surface, menaçant ainsi la santé publique.

    Un bovin produit 23 tonnes de déjections par an, 10 cochons en produisent 21 tonnes. Source : World Watch Institutt

    Pour chaque kilogramme de boeuf, environ 40 kg de fumier sont produits. Source : Environnement Canada, 1995

    Manger moins de viande pour lutter contre la faim dans le monde

    Si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement, elles pourraient nourrir 800 millions d’humains. Source : David Pimental, professeur d’écologie au Cornell Institute.

    Jean Mayer, nutritionniste de l’université Harvard estime qu’en réduisant l’élevage de 10 %, on pourrait nourrir en grains et légumes près de 60 millions de personnes dans le monde.

    Dans un parc d’engraissement de 37 000 bovins américains, 25 tonnes de maïs sont distribuées toutes les heures. Source : Steve Boyan, University of Maryland

    Aux États-Unis 70 % des céréales vont aux animaux d’élevage. En Inde seulement 2 % des céréales vont aux animaux. Source : USDA FAS 1991.

    À l’échelle planétaire, 90 % des cultures de soya vont aux animaux d’élevage. Source : World Watch Institute

    À l’heure actuelle 776 millions de personnes, soit 1 sur 6 souffrent de malnutrition et, en dépit d’une production céréalière en augmentation de près d’un milliard de tonnes depuis le milieu des années 1960, un pourcentage important de cette quantité n’est pas utilisé au bénéfice des humains. Un peu plus d’un tiers du rendement mondial en céréales est destiné aux animaux chaque année, de même qu’un quart de la production mondiale de poissons. Source : FAO « Agriculture mondiale »

    En 1985, pendant la famine en Éthiopie, alors que la population mourait de faim, le même pays exportait des céréales pour le bétail anglais. Source: Compassion in world farming.

    Manger moins de viande pour protéger les forêts

    Pour produire 1 kg de viande, il faut la même surface de terre que pour cultiver 200 kg de tomates ou 160 kg de pommes de terre ou 120 kg de carottes ou 80 kg de pommes.

    Pour un hamburger, on transforme en pâturage : 6 mètres carrés de forêts vierges. Si la viande vient d’un bovin sud-américain, on détruit 75 kilogrammes de matière vivante, 20 espèces végétales, 100 insectes et des douzaines d’espèces d’oiseaux, de reptiles et de mammifères.

    Les États-Unis importent 200 millions de livres de boeuf de l’Amérique centrale chaque année. Source Steve Boyan, University of Maryland.

    Le sud de la province du Québec se déboise à un rythme fort inquiétant, particulièrement dans les basses terres du St-Laurent. Dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec, de la Montérégie et de Lanaudière, la déforestation s’est accrue de 30 % depuis trois ans comparativement aux cinq années qui ont précédé. Cette déforestation serait attribuable en grande partie à l’adoption de nouvelles normes d’épandage, qui ont accru la superficie nécessaire pour le “recyclage” du fumier et du lisier provenant principalement de l’élevage des cochons. La déforestation a frappé un total de 32 000 hectares de forêt, soit 320 kilomètres carrés, entre 1999 et 2002. Source : Ministère de l’Environnement, Québec.

    À lire aussi, « connexion hamburger » appliquée à l’Amazonie brésilienne. Décryptage de l’« effet papillon » entre consumérisme carné et déboisement.

    En complément et références à tous ces chiffres, je suis tombé sur un excellent document complet et référencé de l’Association Suisse de Végétarisme.

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  • L’Action c’est Maintenant!

    Posted on February 4th, 2009 Jean-Luc Henry No comments

    Le 2 mars 2009 se tiendra une action non violente de désobéissance civile à la centrale énergétique du Capitole (Washington, DC).

    Organisé par le Rainforest Action Network et Greenpeace, l’évènement sera la première protestation nationale contre le charbon et déjà plus de 50 organismes et personnalités ont entériné et soutiennent le Capitol Climat Action (CAA).

    Les organisateurs prévoient que le Capitol Climat Action soit la plus grosse mobilisation sur le climat de l’histoire des États-Unis. Je vous ai fait une petite traduction de ce qu’en dit le scientifique et chef de file environnemental James Hansen:

    « Le Capitole Climate Action n’arrive pas trop tôt. Depuis plus de trente ans, des scientifiques, des écologistes et des personnes de tous horizons exhortent nos dirigeants à agir pour arrêter le réchauffement de la planète; et ces actions sont encore à venir. Le charbon est la plus importante source de gaz à effet de serre du pays et ceci doit changer. Le monde attend à ce que l’Administration Obama et le Congrès ouvrent la voie sur cette problématique de notre temps. Ils doivent commencer par faire sortir le charbon de Congrès »

    La diversité des groupes impliqués dans l’action reflète le nombre de personnes touchées par le réchauffement de la planète. Aussi, de tous les combustibles fossiles, le charbon est le plus grand contributeur au réchauffement de la planète. Chaque année aux États-Unis, 24 000 personnes meurent à cause du charbon. Le charbon inflige des dégâts catastrophiques au paysage, à l’approvisionnement en eau et il met en danger la vie des mineurs.

    De plus, une étude récente de l’Université du Massachusetts a démontré qu’investir dans des projets d’énergies propres, comme l’énergie éolienne et le transport en commun, crée, pour des mêmes dépenses, trois à quatre fois plus d’emplois qu’avec l’industrie du charbon. Vous pouvez aussi regarder la vidéo sur Le mythe du Charbon propre.

    Via Treehugger.

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  • La plus grande poubelle au monde est au milieu des océans

    Posted on December 4th, 2008 Jean-Luc Henry 3 comments

    Comme le dit très bien Ryunosuke Satoro, “Individuellement, nous sommes une goutte d’eau… ensemble, nous sommes un océan”. Oui, mais aussi un océan de déchets!

    La problématique

    Cette image représente la plaque de déchets du Pacifique Nord, aussi connue sous le nom de « soupe plastique » (en anglais Great Pacific Garbage Patch - GPGP). Cette plaque qui grossit depuis les années 1950 atteint aujourd’hui 3,5 millions de tonnes (commission côtière de l’État de Californie). Composée entre 80% et 90% de plastique, elle est devenue plus vaste que la France ou le Texas (plus de 692 000 km²), et flotte entre San Francisco et Hawaii. Cette décharge est le fruit des courants qui tourbillonnent et qui attirent des ordures de tous les océans du monde.

    Sur une mesure effectuée en 2001, la masse de particules plastiques y était six fois supérieure à la masse du zooplancton. Aussi, 80 % de ces déchets proviennent de sources terrestres, le reste provenant de bateaux.

    Pacific trash vortex animation
    Cliquez pour voir l’animation

    Les travaux du Capitaine Charles Moore, océanologue et fondateur de la Fondation pour la Recherche Marine Algalita, ont de quoi faire peur… Selon lui, le GPGP s’accroît « à un rythme exponentiel » depuis les années 1950, et ses conséquences pour l’écosystème pélagique sont catastrophiques. Les détritus plastiques, dégradés en petits morceaux sous l’effet du rayonnement solaire, sont confondus par de nombreux animaux avec des aliments, et obstruent leurs conduits respiratoires et digestifs. Les observations sont éloquentes chez de nombreux poissons, tortues, ou encore oiseaux. On pense notamment à l’Albatros, espèce extrêmement vulnérable, chez qui on a dénombré jusqu’ici 100 000 décès dus au plastique.

    Les conséquences en images et vidéos

    Ces déchets affectent directement ou indirectement l’ensemble de l’écosystème. Augmentation de la mortalité des espèces, matières toxiques transmises d’espèce en espèce… jusqu’à l’Homme.

    Voici l’exemple des Albatros.

    En ouvrant l’estomac d’un albatros “échoué” sur le parc naturel d’Hawaï, Cynthia Vanderlip a découvert quelque 250 grammes de plastique. Toutes les pièces de plastique présentées sur la photo proviennent de l’estomac de l’albatros. Cliquez sur la photo pour l’agrandir.

    Et pour réaliser que ce cas n’est pas un cas isolé, voici une citation du témoignage de Jean-Michel Cousteau à propos de son Voyage à Kure: Des centaines d’oiseaux, surtout des albatros, gisent morts sur les plages et l’on aperçoit dans leurs corps décomposés une multitude de déchets en plastique. Presque toutes les îles que nous avons explorées présentent des plages couvertes de détritus, déchets de la société humaine provenant d’endroits situés souvent à des milliers de kilomètres de là : briquets en plastique, balles de golf, brosses à dents, jouets et flotteurs de pêche par exemple.”

    Albatros mort par la pollution

    Source: Plastic in the Sea

    Coeurs sensibles s’abstenir. Voici une vidéo montrant une autopsie de l’estomac d’un albatros.

    Pour allez plus loin, consultez l’article de Wikipedia Great_Pacific_Garbage_Patch, l’article Across the Pacific Ocean, plastics, plastics, everywhere, la campagne Trash Vortex de GreenPeace, le « Voyage à Kure », la découverte du paradoxe au paradis (Jean-Michel Cousteau) et l’article du journal The independent The world’s rubbish dump: a garbage tip that stretches from Hawaii to Japan.

    Mode ironique: Ce qui est bien avec les océans, c’est qu’on ne les voit pas! Entre vous et moi, si vous avez des déchets à jeter quelque part, choisissez l’océan c’est le plus discret. Mais un petit conseil en passant, arrêtez de manger de poissons si vous tenez à votre santé. Et peut-être qu’à force de polluer à tout va les océans, les gens vont commencer par moins les surexploiter!

    Les solutions: il y en a plein! De la simplicité volontaire, à la mise en pratique des 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) et une meilleure gestion des déchets. Ekopedia est une mine d’information pour quiconque souhaite trouver et mettre en pratique des solutions pour vivre une vie plus écologique!


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