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  • La plus grande poubelle au monde est au milieu des océans

    Posted on December 4th, 2008 Jean-Luc Henry 3 comments

    Comme le dit très bien Ryunosuke Satoro, “Individuellement, nous sommes une goutte d’eau… ensemble, nous sommes un océan”. Oui, mais aussi un océan de déchets!

    La problématique

    Cette image représente la plaque de déchets du Pacifique Nord, aussi connue sous le nom de « soupe plastique » (en anglais Great Pacific Garbage Patch - GPGP). Cette plaque qui grossit depuis les années 1950 atteint aujourd’hui 3,5 millions de tonnes (commission côtière de l’État de Californie). Composée entre 80% et 90% de plastique, elle est devenue plus vaste que la France ou le Texas (plus de 692 000 km²), et flotte entre San Francisco et Hawaii. Cette décharge est le fruit des courants qui tourbillonnent et qui attirent des ordures de tous les océans du monde.

    Sur une mesure effectuée en 2001, la masse de particules plastiques y était six fois supérieure à la masse du zooplancton. Aussi, 80 % de ces déchets proviennent de sources terrestres, le reste provenant de bateaux.

    Pacific trash vortex animation
    Cliquez pour voir l’animation

    Les travaux du Capitaine Charles Moore, océanologue et fondateur de la Fondation pour la Recherche Marine Algalita, ont de quoi faire peur… Selon lui, le GPGP s’accroît « à un rythme exponentiel » depuis les années 1950, et ses conséquences pour l’écosystème pélagique sont catastrophiques. Les détritus plastiques, dégradés en petits morceaux sous l’effet du rayonnement solaire, sont confondus par de nombreux animaux avec des aliments, et obstruent leurs conduits respiratoires et digestifs. Les observations sont éloquentes chez de nombreux poissons, tortues, ou encore oiseaux. On pense notamment à l’Albatros, espèce extrêmement vulnérable, chez qui on a dénombré jusqu’ici 100 000 décès dus au plastique.

    Les conséquences en images et vidéos

    Ces déchets affectent directement ou indirectement l’ensemble de l’écosystème. Augmentation de la mortalité des espèces, matières toxiques transmises d’espèce en espèce… jusqu’à l’Homme.

    Voici l’exemple des Albatros.

    En ouvrant l’estomac d’un albatros “échoué” sur le parc naturel d’Hawaï, Cynthia Vanderlip a découvert quelque 250 grammes de plastique. Toutes les pièces de plastique présentées sur la photo proviennent de l’estomac de l’albatros. Cliquez sur la photo pour l’agrandir.

    Et pour réaliser que ce cas n’est pas un cas isolé, voici une citation du témoignage de Jean-Michel Cousteau à propos de son Voyage à Kure: Des centaines d’oiseaux, surtout des albatros, gisent morts sur les plages et l’on aperçoit dans leurs corps décomposés une multitude de déchets en plastique. Presque toutes les îles que nous avons explorées présentent des plages couvertes de détritus, déchets de la société humaine provenant d’endroits situés souvent à des milliers de kilomètres de là : briquets en plastique, balles de golf, brosses à dents, jouets et flotteurs de pêche par exemple.”

    Albatros mort par la pollution

    Source: Plastic in the Sea

    Coeurs sensibles s’abstenir. Voici une vidéo montrant une autopsie de l’estomac d’un albatros.

    Pour allez plus loin, consultez l’article de Wikipedia Great_Pacific_Garbage_Patch, l’article Across the Pacific Ocean, plastics, plastics, everywhere, la campagne Trash Vortex de GreenPeace, le « Voyage à Kure », la découverte du paradoxe au paradis (Jean-Michel Cousteau) et l’article du journal The independent The world’s rubbish dump: a garbage tip that stretches from Hawaii to Japan.

    Mode ironique: Ce qui est bien avec les océans, c’est qu’on ne les voit pas! Entre vous et moi, si vous avez des déchets à jeter quelque part, choisissez l’océan c’est le plus discret. Mais un petit conseil en passant, arrêtez de manger de poissons si vous tenez à votre santé. Et peut-être qu’à force de polluer à tout va les océans, les gens vont commencer par moins les surexploiter!

    Les solutions: il y en a plein! De la simplicité volontaire, à la mise en pratique des 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) et une meilleure gestion des déchets. Ekopedia est une mine d’information pour quiconque souhaite trouver et mettre en pratique des solutions pour vivre une vie plus écologique!


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